Quel est notre rapport à l’argent ?
- Estelle Borgeat
- il y a 20 heures
- 2 min de lecture
Quand on développe une activité, on pense souvent que la question de l’argent est avant tout une question de chiffres : combien facturer, comment fixer ses prix, comment augmenter son chiffre d’affaires. Mais très vite, on réalise que le vrai sujet n’est pas uniquement financier. Il est profondément lié à la valeur. La valeur que l’on attribue à ce que l’on fait, la valeur que l’on s’accorde, et la valeur que l’on ose poser dans ses tarifs. Et cette question-là est rarement simple.
L’argent comme miroir
Notre rapport à l’argent agit souvent comme un miroir. Il vient refléter nos croyances, nos peurs, nos conditionnements, notre histoire personnelle, mais aussi notre regard sur nous-mêmes. Quand on hésite à annoncer un prix, ce n’est pas toujours parce que ce prix est objectivement trop élevé. C’est parfois parce qu’on doute de notre légitimité, parce qu’on a peur de déranger, d’être jugé·e ou d’entendre un refus.
La fausse équation : temps = valeur
Une des croyances les plus répandues est celle qui consiste à penser que notre valeur correspond au temps que nous passons sur une tâche. Or, cette équation est très réductrice. Ce que l’on facture ne correspond pas uniquement à des heures, mais aussi à un parcours, des formations, des années d’expérience, des essais, des erreurs, une capacité d’analyse, une compréhension fine des situations, une sensibilité et une façon de voir le monde. Tout cela ne se mesure pas en minutes.
De la culpabilité à la responsabilité
Beaucoup d’indépendant·e·s ressentent de la culpabilité à facturer, comme si demander de l’argent était un acte déplacé, comme si rendre service devait suffire, ou comme si aimer ce que l’on fait devait annuler toute notion de rémunération. Mais, facturer n’est pas profiter. Facturer, c’est assumer la responsabilité de faire exister son activité, de lui permettre de durer, et de se donner les moyens de continuer à accompagner. Il ne s’agit pas d’être “cher·e”, mais d’être viable.
La valeur évolue
La valeur n’est pas figée. Elle évolue avec l’expérience, avec la confiance, avec la clarté, avec l’affinage de sa posture et avec la précision de ce que l’on propose. Ce qui semblait énorme au début peut devenir évident plus tard. Revoir ses prix c’est souvent un signe de croissance.
Se reconnaître avant d’être reconnu·e
Il est tentant d’attendre que les autres reconnaissent notre valeur, mais dans les faits, le mouvement commence souvent dans l’autre sens. Quand on commence à se reconnaître soi-même, à prendre au sérieux ce que l’on apporte et à poser un cadre clair, les autres s’ajustent progressivement. Pas tous, pas toujours, mais suffisamment pour construire quelque chose de plus juste.
L’argent comme énergie de circulation
L’argent peut être vu comme une énergie qui circule. On reçoit pour ce que l’on donne, et on donne pour ce que l’on reçoit. Quand cette circulation est bloquée par la peur, la honte ou la culpabilité, l’activité se fragilise. Quand elle devient plus fluide, l’activité respire.
Revenir à l’essentiel
Au fond, la question n’est peut-être pas “combien devrais-je facturer ?”, mais plutôt : est-ce que je me respecte dans mes prix, est-ce que je me sens en accord avec ce que je propose, et est-ce que mon activité peut exister durablement ainsi ? Ces questions ouvrent souvent des réponses plus intéressantes que n’importe quelle grille tarifaire.



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